Nutrition et VIH

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Les personnes infectées par le VIH ont des besoins énergétiques plus importants. Ces besoins sont de 10 % supérieurs à ceux d'une personne non infectée lorsque le malade est encore dans une phase asymptomatique et peuvent être augmentés de 20 à 30 % en phase d'état.
La perte de poids constatée chez les patients VIH + est due à plusieurs facteurs tels que la perte d'appétit, un apport alimentaire insuffisant, les vomissements, la diarrhée chronique...
Pour atteindre une efficacité maximale du traitement antirétroviral, il convient d'avoir une alimentation équilibrée et suffisante, recommandation difficile à appliquer pour des malades subissant des contraintes économiques fortes.
L'infirmier doit, si possible, encourager l'utilisation d'aliments très caloriques et riches en protéines afin de limiter la perte pondérale.

Exemples : avocat, noix de coco, lait en poudre entier, yaourt ou lait fermenté, produits à base de soja, fromage, viande, poisson, volaille, fruit sec, céréales, oeufs, haricot en grain, lentilles, pomme de terre, patates douces, bananes, manioc, millet, sorgho, riz, mais...( liste non exhaustive).

I. Les objectifs infirmiers sont

  • Maintenir le poids et la force corporels ;
  • Remplacer les vitamines et les minéraux perdus ;
  • Maintenir les activés quotidiennes.

II. Comment évaluer la perte de poids ?

  • Peser la personne une fois par semaine toujours le même jour.
  • Noter son poids et la date sur une feuillespéciale qui sera gardée pour permettre à l'infirmier de suivre l'évolution de la maladie (pour un adulte moyen, une perte de poids de 10 % du poids corporel soit environ 6-7 kg sur un mois est une perte de poids sérieuse).
  • Observer si les vêtements deviennent amples.

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III. Que faut-il faire pour reprendre du poids ?

  • Augmenter la quantité et la fréquence des repas.
  • Manger plus de féculents (riz, maïs, millet, sorgho, blé, pain, patates douces, manioc et banane).
  • Augmenter la consommation de haricots secs, de denrées à base de soja, de lentilles, de pois, d'arachides...
  • Inclure tous les types de viande, volaille, poisson et oeufs aussi souvent que possible.
  • Manger entre les repas.
  • Si la personne en est encore capable, il faut l'encourager à continuer ses activités quotidiennes (ménage, travail agricole).

IV. Actions et surveillance infirmières en cas de perte d'appétit

  • S'adapter au patient, lui donner à manger chaque fois qu'il a faim ;
  • Donner à boire beaucoup d'eau propre, lait, des yaourts, des soupes, des tisanes des jus tout au long de la journée ;
  • Conseiller au patient de boire entre les repas ;
  • Dire au malade de s'éloigner des odeurs désagréables avant, pendant et après le temps du repas ;
  • Encourager le patient à prendre ses repas en famille si cela est possible ;
  • Eviter l'alcool car il diminue l'appétit ;
  • Boire des sodas en petites quantités ;
  • Suivre une hygiène rigoureuse (lavage des mains).

V. Les vitamines et les minéraux

Ils sont indispensables au maintien d'un bon état de santé général.

Liste des aliments qui contiennent les vitamines indispensables

La vitamine A

On retrouve de la vitamine A dans les fruits et les légumes de couleur vert foncé, jaune, orange et rouge.

Ex. : les épinards, les feuilles de manioc, le poivron, la courge, les carottes, la papaye, la banane, la mangue, l'huile de palme, le mais, les patates douces, les jaunes d'oeuf...

La vitamine C

Agrumes

Orange, pamplemousse, citron... + goyaves, mangues, tomates, pommes de terre...

La vitamine E

  • légumes à feuilles vertes - huiles végétales - arachide
  • jaune d'oeuf...

La vitamine B

  • haricot blanc
  • pomme de terre - graines - avocat
  • légumes verts
  • viande et poisson...

Le fer

  • fruits secs
  • sorgho
  • millet
  • haricots secs
  • viande rouge
  • oeufs

Les plantes médicinales

Plantes Bénéfices pour les maladesinfectés par le VIH Mode d'emploi
Aloès Soulage la constipation L'utiliser comme extrait; faire bouillir et boire la décoction. Doit être utilisé en petites quantités, arrêter immédiatement si crampes ou diarrhées
Calendula Fonction anti-inflammatoire En tisane, pour favoriser la digestion
Cardamone Facilite les fonctions digestives, soulage la nausée, les vomissements et agit sur la perte d'appétit Ajouter aux aliments durant la cuisson ou la préparer en tisane
Cannelle Stimule l'appétit et l'appareil digestif, favorise le transit intestinal Ajouter aux plats ou en tisane en particulier la tisane de cannelle au gingembre
Clou de girofle Stimule l'appétit, aide les digestions difficiles, soulage les nausées et les vomissements Utilisé dans les soupes, les ragoûts, les jus de fruits chauds et les tisanes
Coriandre Stimule l'appétit et réduit les flatulences Ajouter les feuilles dans les plats
Eucalyptus A une fonction anti-bactérienne pour l'appareil respiratoire Préparer une tisane à partir des feuilles ou avec de l'extrait
Ail A une fonction anti-bactérienne et antifongique, en particulier au niveau de l'appareil intestinal. Facilite la digestion. En tisane
Gingembre Améliore la digestion, a un effet énergisant, stimule l'appétit. Utiliser dans les plats ou en tisane
Citron A des propriétés anti-bactériennes et facilite la digestion Ajouter du jus de citron dans les aliments ou les boissons
Citronnelle A un effet calmant, apaise la digestion et calme le stress A boire en tisane
Menthe A un effet anti-inflammatoire et facilite la digestion A boire en tisane ou en gargarisme pour les maux de bouche. Mastiquer des feuilles de menthe pour faciliter la digestion
Neem Fait baisser la température Prendre une brindille fraîche de neem, ôter les feuilles et la faire bouillir, boire en infusion. L'écorce peut également être mastiquée
Persil Réduit les coliques intestinales et ouvre l'appétit Manger cru ou cuit avec les aliments
Menthepoivrée Agit contre la nausée Réduit les coliques En infusion, faire bouillir les feuilles environ 10 minutes ou ajouter dans

Attention :

Les plantes doivent être utilisée en petites quantités ! Une consommation trop importante pourrait entraîner des effets secondaires comme des nausées, des vomissements ou la diarrhée. Ne pas utiliser de plantes que l'on ne connaît pas.

Les informations fournies ici venant du document de la FAO sont issues de constats et non d'essais scientifiques.

Document de la FAO Living well with HIV/AIDS, 2003, 105 p.

Développement et Santé, n°181, 2006