Campagne de vaccination MenAfriVac

De très bons résultats, mais arrivée de nouveaux sérotypes

En 1996, une épidémie de méningites à méningocoque A avait provoqué la mort de 25 000 personnes en Afrique subsaharienne et s’étendait du Sénégal à l’Ethiopie.

Ce drame a déclenché une campagne de vaccination de masse, qui a débuté en 2010, utilisant le nouveau vaccin antiméningococcique A conjugué : en fixant l’anatoxine tétanique au polysaccharide capsulaire du méningocoque A, on obtient un vaccin conjugué,beaucoup plus actif que le vaccin méningococcique AC.

Cette campagne cible les sujets de 1 à 29 ans, essentiellement au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Le vaccin coute 0,5 dollar.

Fin 2014, plus de 217 millions de doses avaient été délivrées.

Selon l'OMS, entre 2004 et 2013,  le nombre de méningites a été divisé par 10. En 2013, seulement 4 cas de méningites à méningocoque A ont été signalés dans les 26 pays de la ceinture de la méningite.

L’OMS préconise que ce vaccin soit introduit dans le calendrier vaccinal des nourrissons,avant un an dans les pays concernés.

A cela, s'ajoutent deux autres bonnes nouvelles :

Le vaccin, conjugué, induit la synthèse d’anticorps protecteurs qui persistent au moins 5 ans après la vaccination chez 90 % des vaccinés, et il fait pratiquement disparaitre le portage pharyngé du germe, portage qui est la cause des épidémies.

MenAfriVac contient de l’anatoxine tétanique pour renforcer l’immunogénicité de l’antigène méningococcique : ainsi, on constate une chute de 25 % des tétanos néonataux.(le vaccin cible donc 2 germes !).

Le seul grand problème est l’émergence de nouveaux sérotypes  :  W, C et B contre lesquels des vaccins existent (ACWY),  ils sont actuellement chers.

Par Philippe Reinert, pédiatre, Créteil, France

Réf. L.Sambo,Chan M,Elias C et al. Clinical Infectious Diseases 2015 :61(Suppl 5).