Le lavage des mains

Pourquoi se laver les mains ?
Les mains contaminées peuvent propager 80 % des infections courantes.
Un bon lavage des mains élimine une grande partie des micro-organismes acquis par contact avec des surfaces, des patients ou des liquides contaminés. Se laver les mains coupe la chaîne de transmission de l’infection et réduit la transmission de personne à personne.
Tout le personnel soignant, les médecins et la famille doivent respecter les consignes de lavage des mains.

Le lavage des mains est le plus simple et le moins cher des moyens de prévention de la transmission des infections, il réduit  l’incidence des infections dues aux soins.

Quelques chiffres

Mains

  • 106 à 108 bactéries par cm2 de peau soit 1 000 000 à 100 000 000 (un à cent millions)

Tube digestif

  • 1014 micro-organismes soit 100 000 000 000 000 (cent mille milliards)

I. Quand se laver les mains

  • En prenant et en quittant son service
  • Pendant le service après chaque geste de la vie courante : repas, coiffure, éternuements, mouchage et, passage aux toilettes, etc.
  • Après avoir touché des surfaces contaminées (poubelles, torchons)
  • Après un contact avec du sang ou des liquides physiologiques
  • Avant de préparer des médicaments
  • Avant et après un soin ou un contact avec un patient
  • A chaque fois que l'on passe d'un patient à un autre

II. Hygiène des mains en milieu communautaire

Savon ordinaire et eau.

1. Lorsqu’il y a de l’eau courante

  • enlever sa montre et ses bagues,
  • rouler ses manches jusqu’à l’avant-bras,
  • se mouiller les mains jusqu’au poignet,
  • appliquer sufisamment de savon pour couvrir toute la surface des mains,
  • faire pénétrer le savon autour et sous les ongles, entre les articulations et les doigts,
  • frotter comme sur le schéma ci-joint,
  • rincer à l’eau pour faire disparaître toute trace de mousse,
  • s’essuyer les mains avec une serviette propre ou une serviette en papier, en séchant bien entre les doigts.

2. Lorsqu’il n’y a pas d’eau courante

  • On peut utiliser deux récipients ouverts (seau et cuvette par exemple), le premier sert de réserve et le deuxième sert à laver les mains.
  • Jeter l’eau qui a servi à se laver les mains à chaque utilisation.
  • Nettoyer le récipient et le mettre à sécher à chaque fois.

3. Lorsqu’il n’y a pas d’eau propre

Faire bouillir l’eau fortement pendant quelques minutes, et la laisser refroidir complètement avant de l’utiliser.
Traiter l’eau avec des désinfectants chimiques, liquides ou en comprimés.

3. Utilisation des désinfectants pour les mains 

Solutions hydro-alcooliques

Ces désinfectants sont un excellent moyen de garder les mains propres là où on n’a pas accès à de l’eau pour se laver les mains.
Les désinfectants doivent être à base d’alcool, en contenir 60 % à 70 % en volume (éthanol, propanol ou isopropanol), il peuvent contenir également un émollient et parfois un autre antiseptique.
Ils sont commercialisés sous forme de liquide, de gel ou de mousse, il n’y a pas de différence au niveau de l’efficacité de chaque forme, à condition qu’ils contiennent suffisamment d’alcool.
L’avantage de ces désinfectants est que le temps de séchage de 30 secondes environ assure un temps de contact permettant une réduction importante du nombre des micro-organismes contaminants. Ils s’appliquent sur des mains sèches, propres et non talquées et réalisent une antisepsie rapide des mains.

Il est toutefois indispensable d’éliminer toute souillure visible des mains avant de les utiliser, si l’on veut qu’ils soient efficaces.

Enlever bagues, montres et relever les manches jusqu’au coude.

  • Se laver les mains au savon et à l’eau disponibles si elles sont visiblement souillées (saleté, huile, sang, liquides physilogiques, etc.), et les sécher pour ne pas diluer ensuite l’alcool.
  • Déposer suffisamment de désinfectant dans la paume d’une main en forme de coupe pour pouvoir humidifier les deux mains.
  • Appliquer le liquide soigneusement dans les paumes, sur le dos de la main, entre les doigts et sous les ongles.

Suivre la notice du fabricant pour l’utilisation et la conservation, afin de réduire les risques d’évaporation et d’inflammabilité.

Les solutions hydro-alcooliques peuvent être très utiles dans les lieux où l'accès à l'eau n'est pas possible.
Un seul obstacle à leur utilisation peut être leur coût, supérieur à celui des savons liquides.

Quand on ne dispose pas de ces solutions commercialisées, on peut se désinfecter les mains en suivant le même protocole avec de l’alcool éthyliquue à 60 ou 70 %.

IV. Les trois types de lavage des mains

On distingue trois types de lavage des mains selon les actes pratiqués :

1. Lavage simple des mains

Avec eau et savon, décrit plus haut.
Indication : éliminer les souillures et réduire la flore transitoire. Pour les soins au dispensaire et à l’hôpital.

2. Lavage antiseptique des mains

Procéder de la même façon que pour le lavage simple mais utiliser un savon antiseptique, par exemple à base de povidone iodée ou de chlorhexidine ;
Indication : éliminer la flore transitoire et réduire la flore résidente
Avant tout soin ou acte aseptique :ponction veineuse, soin de drain ou cathéter, sonde urinaire, pansement, etc.

3. Lavage chirurgical des mains

Avec savon antiseptique, se fait en trois temps

  1. Mouiller les mains et les avant-bras.
    Mettre une dose de savon antiseptique sur les paumes.
    Laver les mains et les avant bras pendant une minute environ.
    Rincer à l’eau potable mains et avant-bras en les maintenant au-dessus du niveau des coudes.

  2. Prendre une brosse stérile, la mouiller et y déposer une dose de savon antiseptique. Se brosser les ongles une trentaine de secondes pour chaque main.
    Rincer en commençant par les mains et en terminant par les avant-bras..

  3. Recommencer l’opération sans brossage, bien frotter chaque espace interdigital, les mains et les avant-bras.
    Rincer soigneusement, du bout des doigts vers les avant-bras, en les maintenant au-dessus du niveau des coudes.
    Sécher avec une serviette ou un champ stérile, par tamponnements, du bout des doigts vers les coudes, une serviette pour chaque main.
    Tenir les avant-bras au-dessus de la taille et écartés du corps. Procéder à l’habillage, mettre des gants stériles à usage unique.
    Indication : éliminer la flore transitoire et réduire au maximum la flore résidente.

Avant tout acte nécessitant une asepsie rigoureuse : pose d’un cathéter central, explorations, etc. Au bloc opératoire avant tout geste chirurgical.

Le lavage des mains
Lavage simple Lavage antiseptique Lavage chirurgical
Réalisé avec un savon doux, il nettoie les salissures et diminue la flore transitoire par action mécanique.

Réalisé avec un savon
désinfectant, il élimine les salissures, la flore
transitoire et réduit la flore résidente.

Réalisé avec un savon antiseptique, il doit réduire la flore résidente de 100 à 1 000 fois.

Soins

Acte aseptique

Acte aseptique profond

Bloc opératoire

En conclusion

La main est naturellement porteuse de germes, le milieu hospitalier et le contact permanent de celle-ci avec des zones infectées augmentent la possibilité de trans-port de ces germes.
Ce mode de transmission manuportée est extrêmement fréquent, il est respon-sable de nombreuses épidémies dans des collectivités : établissements de soins, dispensaires, consultations, etc. Il peut également être très facilement supprimé, car il est prouvé qu'un lavage des mains correct élimine les bactéries de contamination et empêche la transmission interhumaine.

Il faut diminuer le nombre des germes fixés sur la main pour réduire le risque de contamination, par un lavage avant et après chaque soin et dès qu'il y a contact avec une surface contaminée vivante ou inerte. Le lavage des mains est une étape essen¬tielle dans la lutte contre l'infection car c'est le seul moyen de supprimer la transmission manuportée. Son efficacité dépend des bonnes conditions de sa réalisation. Les difficultés le plus souvent rencontrées sont le manque de temps, et l'éloignement des points d'eau. Les frictions avec les solutions hydro-alcooliques sont une alternative et une aide efficace dans ces cas-là.

Rappel sur la flore de la main

La flore de la main a deux origines :

  • une flore commensale dite résidente, qui est celle des couches superficielles de la peau. Elle est peu pathogène pour l'homme sain, et sera incriminée seulement en cas de techniques invasives profondes chez le patient immunodéprimé (Staphylococcus epidermidis, Corynebacterium).
  • une flore dite transitoire, qui est superficielle, de contamination récente, qui survit un temps limité sur la peau et peut être pathogène. Il s'agit de bactéries d'origine digestive (Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae, Proteus mirabilis, etc.), de bactéries provenant de la peau ou des muqueuses (Staphylococcus aureus, etc.), ou de bactéries d'origine exogène (Pseudomonas, Acinetobacter, etc.). C'est cette flore, qui est acquise lors de soins ou d'examens effectués chez des malades colonisés ou infectés, qui est le plus souvent à l'origine d'infections nosocomiales, par transmission de malade à malade, les mains des soignants servant d'intermédiaires. Elle survit pendant un temps limité à quelques heures et il a été démontré que le lavage correct des mains élimine ces bactéries et donc empêche la transmission interhumaine.
Voici une formule de gel alcoolique pour la désinfection des mains

Ethanol 63 % m/m :    97,0 g

Glycérol 85 % :             1,0 g

Glucam E20 :                 1,5 g

Carbopol 940 :               1,0 g

Triethanolamine :           0,4 g (jusqu'à pH neutre)

Dispenser en tubes, valable 6 mois, à une température de 15-25° C