Conférence internationale des acteurs de lutte contre les hépatites en Afrique francophone - Appel de Dakar

Nous, participants à la conférence internationale des Acteurs de lutte contre les  hépatites en Afrique, réunis du 26 au 28 Juillet 2011 à Dakar à l’initiative du Ministère de la Santé et de la Prévention de la République du Sénégal, dans le cadre de la première journée mondiale de lutte contre les hépatites suite à la résolution de l’OMS de faire de la lutte contre les hépatites une priorité mondiale.

Tenant compte du fait que 750 millions de personnes sur le continent africain ont été infectées par le virus de l’Hépatite B et que 65 millions vivent avec une forme chronique de la maladie.

Tenant compte du fait que 80 % des cancers du foie sur notre continent sont dus aux virus des hépatites.

Prenant acte de la gravité des hépatites virales en tant que problème de santé publique en Afrique et de la nécessité de sensibiliser nos décideurs politiques, toutes les parties prenantes et les populations pour que soient prises des mesures efficaces de prévention, de diagnostic et de traitement de ces infections.

Préoccupés par le manque de moyens pour un accès à un traitement abordable et approprié de ces infections, et à des soins adéquats.

Vu les similitudes qui existent entre les mesures de prévention et de lutte contre les hépatites, les infections à VIH et autres Infections Sexuellement Trans-
missibles.

Conscients de la nécessité d’une approche intégrée pour lutter efficacement contre toutes ces pathologies, et d’une mutualisation des moyens

Conscients de la nécessité d’adopter une approche régionale pour développer des stratégies pertinentes de lutte contre les hépatites B et C, améliorer les outils diagnostiques et offrir des programmes de traitement appropriés dans tous les pays africains.

Appelons les Chefs d’Etat africains, garants de la santé de leurs populations :

  • A accorder une attention toute particulière aux hépatites virales qui tuent l’adulte productif et sont un frein au développement de nos pays.
  • A mobiliser les ressources financières nécessaires pour la vaccination contre l’Hépatite B à la naissance de tous les nouveau-nés, et à subventionner fortement les diagnostics et traitements des malades atteints d’hépatites chroniques B et C.
  • A court terme, à mettre en place des dispositifs communs pour garantir un approvisionnement régulier et suffisant en vaccins, réactifs et médicaments antiviraux de qualité.
  • A moyen terme, à mutualiser les ressources pour une production endogène de vaccins anti-hépatite et d’antiviraux.

Appelons l’OMS :

  • A demander aux Etats membres, de manière claire et sans équivoque, la vaccination universelle complète débutant dès la naissance des nouveau-nés en Afrique.
  • A fournir le soutien nécessaire à la mise en place et au développement des programmes de lutte contre les hépatites en Afrique.
  • A inviter les organisations et initiatives internationales, les institutions financières et les autres partenaires à apporter leur soutien et attribuer des ressources aux programmes de prévention et de lutte contre les hépatites dans la région africaine.

Appelons les laboratoires pharmaceutiques à réduire les coûts des médicaments et à faciliter l’accès aux moyens de dépistage et de diagnostic pour une prise en charge efficiente des malades atteints d’hépatites chroniques B et C.

Invitons les Parlementaires, les collectivités locales, le secteur privé, les mécènes et philanthropes à appuyer les programmes nationaux de lutte contre les hépatites et les associations de patients.