Examen des urines par bandelettes réactives

Micheline Amzallag
Pédiatre, Créteil, France

Mis à jour le : 
24 Juin 2011

Méthode simple, fiable, rapide,  peu onéreuse, nécessitant de la rigueur, mais permettant une mesure immédiate de 10 paramètres urinaires.

I. Les paramètres étudiés

  • Leucocyturie
  • Nitrites urinaires
  • Urobilinogène
  • Protéinurie (plus spécifiquement albuminurie)
  • pH urinaire
  • Densité urinaire
  • Hématurie
  • Cétonurie
  • Bilirubinurie
  • Glycosurie

Toutes les bandelettes ne contiennent pas tous ces paramètres, il existe sur le marché :
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mots-clés : bandelette urinaire, surveillance de la grossesse, infection urinaire, paludisme, diabète, glomérulonéphrite, cancer des voies urinaires, lithise des voies biliaires, lithiases des voies urinaires, cancer des voies urinaires, hépatite, cirrhose, bilharziose

II. Histoire

L’examen des urines a été une des premières méthodes utilisée par les médecins pour une recherche diagnostique, étiologique et pronostique des maladies

Les bandelettes urinaires sont utilisées depuis plus de 40 ans, analyse faite grâce à des réactions chimiques complexes au contact des urines

III. Physiologie rénale

Rôle du rein :

  • filtre régulateur permettant une homéostasie du sang
  • régulateur à la demande du pH du sang, de l’hydratation de l’organisme, de la concentration en électrolytes dans le sang( Na, K, Cl,…)
  • maintien de l’osmolarité sanguine
  • débit rénal : 1200 cc/mn(1/4 de la masse sanguine totale !)
  • rôle d’élimination au travers du filtre glomérulaire
  • réabsorption au niveau des tubules

IV. Utilisation des bandelettes

1. Conditions de recueil des urines

  • urines fraîchement émises
  • faire uriner le malade dans un récipient propre et sec
  • pour un enfant : recueil à l’aide d’une poche plastique adhésive ou directement au jet chez le petit enfant ce  qui n’est réalisable que à l’hôpital

2. Mode d’emploi des bandelettes

  • tremper complètement les zones réactives dans l’urine fraîche, bien mélangée, non centrifugée, d’un mouvement rapide pour éviter toute dissolution
  • égoutter la bandelette sur le bord du récipient pour éliminer l’excès d’urine
  • tenir la bandelette horizontalement et ne pas mettre les doigts au contact des zones de lecture
  • respecter le temps de lecture indiqué par le fabriquant pour chaque paramètre
  • au bout du temps imparti, comparer à l’échelle colorimétrique de référence du fabriquant

3. Précautions de conservation

  • éviter chaleur et humidité
  • bien refermer le flacon après utilisation
  • conserver à l’abri de la lumière
  • après ouverture, utiliser le contenu du flacon dans les 3 mois

V. Résultats et signification clinique

Paramètre Normalité Modification Orientation
diagnostique

Densité urinaire

1005
à 1030

Diminuée Diabète insipide, glomérulonéphrite, tubulopathie (atteinte des fonctions rénales)
Augmentée Déshydratation, hépatite, insuffisance cardiaque

pH

5 à 9

Augmenté  Insuffisance rénale chronique, déshydratation, infection urinaire (souvent)

Diminué

Fièvre

Protéinurie

Négatif
si < 0.20g/l

 

Présente

Glomérulonéphrite dont syndrome néphrotique), infections urinaires hautes, toxémie gravidique, schistosomiase

Glucose Absence Présent Diabète sucré (seuil abaissé pendant la grossesse

Corps cétoniques

Absents

Présents

Acido-cétose diabétique (complications du diabète), vomissements répétés, hypoglycémie, jeûne prolongé

Bilirubine

Absente

Présente

Obstruction des voies biliaires (lithiase, cancer), hépatite virale ou toxique

Sang

Absent

Présent

Parasitose (bilharziose essentiellement et aussi, paludisme, filariose, loase), lithiase urinaire, néphrite aiguë, intoxication, glomérulonéphrite, cancer des voies urinaires, traumatisme rénal, infection urinaire

Urobilinogène

1,6 à 16
micromol/l

Augmenté

Hépatite, cirrhose, cancer du pancréas, paludisme

Nitrites

Absents

Présents

Si plus de 105 germes/ml, infection urinaire

Leucocyturie

Négative

Positive si >10gb/mm3

Infection urinaire (et toute irritation muqueuses génitales),

VI. Orientations cliniques

Dans tous les cas, l’analyse doit être validée au moins par la mesure de la densité urinaire à laquelle on peut associer le pH.

1. Surveillance d’une grossesse

  • systématiquement :
    • recherche d’une toxémie gravidique : protéinurie
    • recherche d’un diabète gestationnel : glycosurie
  • si possible :
    • recherche d’une infection urinaire : leucocyturie, hématurie, nitrites

2. Surveillance d’un diabétique

  • systématiquement
    • suivi du traitement : glycosurie
    • recherche d’une acido-cétose diabétique : cétonurie
  • si possible
    • recherche d’infection urinaire : hématurie, leucocyturie, nitrites
    • recherche d’une atteinte rénale :protéinurie

* dépistage d’une schistosomiase urinaire

3. Suspicion d’infection urinaire

  • infection urinaire suspectée devant : hématurie, leucocyturie, protéinurie positives et présence de nitrites
  • arbre urinaire intact si absence de leucocytes, sang, nitrites et protéines dans les urines

4. Suspicion de colique néphrétique

  • dans 94% des cas : hématurie microscopique mais si absence de schisto
  • si pas de sang dans les urines, diagnostic très peu probable

5. Suspicion d’insuffisance rénale

  • rarement insuffisance rénale si leucocytes, hématies et protéines négatifs simultanément dans les urines
  • si densité urinaire >1025, très peu de risque d’insuffisance rénale sévère ( information utile en cas de prescription de médicaments néphrotoxiques, comme les aminosides)

 

 

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